Pensez aux infusions pendant les fêtes (et après) !

La période des fêtes est l’occasion d’apprendre ou de ré-apprendre à utiliser les infusions au profit de notre bien-être digestif, pendant et après ces réjouissances gustatives. Vous disposez peut-être déjà de ces précieux ingrédients dans votre garde-manger. Je vous en ai sélectionné 3, simples à utiliser, savoureux et surtout rudement efficaces.

Le thym (Thymus vulgaris L.)

On connaît très bien la traditionnelle tisane de thym en cas d’affection des voies respiratoires. Ses propriétés digestives sont beaucoup moins invoquées mais tout aussi intéressantes. Cette plante aromatique, banale en apparence seulement, est l’alliée de choix numéro 1 pour accompagner la saison hivernale.

En quoi le thym est-il votre allié ?*

  • Ses principes actifs, en particulier le thymol et le carvacrol stimulent la fabrication des enzymes nécessaires aux phases 1 et 2 de détoxification du foie. Cette dernière consiste en la transformation biologique des substances exogènes (toxines issues de l’alimentation, médicaments, polluants…) ou endogènes (hormones…) puis en leur élimination par voie urinaire ou biliaire.
  • Il agit sur les troubles digestifs fonctionnels qui recouvrent les troubles digestifs de l’estomac (nausées, brûlures…) et de l’intestin (ballonnements, gaz intestinaux…).
  • Il possède une action anti-oxydante en limitant l’oxydation des lipides.
  • Et bien sûr, ses propriétés expectorante, antibactérienne et anti-infectieuse ne sont plus à démontrer. On lui attribue également une action anti-inflammatoire en raison de sa teneur en acide rosmarinique.

Comment l’utiliser ?

En infusion : 3 cuillères à café de thym séché pour 50 cl d’eau. Portez à ébullition la plante séchée puis laissez infuser 10 minutes hors du feu. Jusqu’à 3 tasses / jour réparties sur la journée.

Précautions d’emploi : la plante peut être hypertensive. A consommer avec modération en cas d’hypertension artérielle traitée ou non. De même, si vous présentez des troubles de l’endormissement, évitez la consommation de thym le soir car elle peut être excitante.

Le gingembre (Zingiber officinale Roscoe)

Cette épice originaire d’Inde largement reconnue pour ses propriétés stimulantes mérite aussi une attention toute particulière pour ses actions digestives.

Nous devons son nom au terme sanskrit « shringavera » qui signifie « en forme du bois du cerf ». L’aviez-vous remarqué ?

En quoi le gingembre est-il votre allié ?*

  • Il accompagne à merveille les troubles digestifs et les nausées. On attribue en particulier à ses composés phénoliques des propriétés protectrices et cicatrisantes au niveau de la paroi de l’estomac. Il facilite également la vidange gastrique, nécessaire à la bonne digestion des aliments et au maintien d’une glycémie normale .
  • Ses propriétés anti-inflammatoires en font un excellent compagnon du rhume et de la grippe.

Selon l’École de Salerne, première école de médecine fondée en Europe au Moyen Âge, le gingembre « s’oppose avec raison au froid de l’estomac, des reins et des poumons, excite le cerveau, en la jeunesse éveille amour jeune et nouveau ». Une racine à avoir à la maison indéniablement !

Comment l’utiliser ?

La racine de gingembre se prépare en décoction et non en infusion pour être précis. Quelle différence ? La décoction consiste en une ébullition prolongée de racines alors que l’infusion porte à ébullition des plantes fraîches ou séchées.

Pour 50 cl de breuvage, prévoyez environ 3 cm de racine de gingembre. Retirez la peau du rhizome. Détaillez le tronçon en petites tranches. Placez-les dans une casserole contenant l’eau. Portez à ébullition. Laissez infuser 5 minutes. Coupez le feu et laissez infuser encore 10 minutes. 3 tasses par jour maximum réparties sur la journée.

Précautions d’emploi : l’utilisation du gingembre est contre indiquée en cas de calculs biliaires et de traitements anti-coagulants. A fortes doses, le gingembre peut provoquer des irritations de la paroi de l’estomac. Pour les femmes enceintes ou allaitantes, il est recommandé de ne pas dépasser la dose de 1 g de gingembre (poids sec) par jour*.

Le romarin (Rosmarinus officinalis L.)

A l’évocation de cet aromate aux notes citronnées, impossible de ne pas penser aux garrigues et aux douces soirées d’été…Non seulement savoureuse, la « Rose de Marie » a aussi un grand intérêt à être consommée sous forme d’infusion à cette période l’année.

Les Grecs et les Romains utilisaient le romarin en symbole d’amour et de prospérité. Alors, profitez de ce temps de retrouvailles pour partager des infusions de romarin !

En quoi le romarin est-il votre allié ?*

  • Ses acides carnosique et rosmarinique (d’où le nom) protègent votre foie. Ces substances permettent en effet d’accroîte l’activité de certaines enzymes hépatiques comme le glutathion peroxydase.
  • Il agit également en faveur des phases 1 et 2 de détoxification du foie.
  • On lui doit des effets cholérétique (qui stimule la sécrétion de bile par le foie) et cholagogue (qui permet l’évacuation de la bile), la bile étant nécessaire à la digestion des lipides.
  • Enfin, sa forte teneur en acide rosmarinique en fait un excellent antioxydant.

Comment l’utiliser ?

En infusion, 3 cuillères à café de romarin séché pour 50 cl d’eau. On porte à ébullition la plante séchée puis on laisse infuser 10 minutes hors du feu. Jusqu’à 3 tasses par jour réparties sur la journée.

Précautions d’emploi : son utilisation thérapeutique est contre-indiquée chez la femme enceinte et l’enfant de moins de 6 ans.

Pour terminer…

Pourquoi ne pas remplacer votre café matinal ou d’après repas par une de ces infusions ? Celle que vous choisirez saura vous mettre en route en douceur le matin pendant cette période de l’année très intense.

L’infusion nous offre une chaleureuse occasion de faire une pause, seul ou avec ceux qui comptent, de laisser le temps faire, de laisser infuser…

La prévention restant le meilleur des remèdes, profitons de ces temps de fêtes pour savourer les mets que nous avons la chance de déguster, tout en restant à l’écoute de notre corps.

Belles fêtes de fin d’année à chacun.

 

* Sources : Institut européen des substances végétales, Commission E de la phytothérapie, OMS, ESCOP.